Career

Nos conseils pour séduire un Geek [et le garder!] - recrutement IT

Temps de lecture: 4 mins. Par Marine.

La Suisse n'est pas épargnée quant au manque d'informaticiens: selon l’association ICT-Formation professionnelle, les besoins dans ce secteur vont continuer d'augmenter et entraîneront d'ici 2026 une pénurie de 40 000 experts. En tant que recruteur, il est de fait primordial de savoir comment attirer de nouveaux collaborateurs IT et comment les engager dans leur métier.

Tous les résultats en téléchargement ici

Chez Academic Work, nous avons fait du secteur des IT une de nos spécialités, grâce notamment à une équipe dédiée et de nombreux partenariats associatifs. Durant l'analyse des résultats de notre étude YPAI portant sur les jeunes professionnels suisses romands, nous avons étudié les réponses en fonction de différents critères. Parmi eux, le statut (étudiant ou en poste), le sexe, le canton et le domaine d'études (IT, éco, tech). Cette étude nous a permis d'en apprendre encore plus sur les aspirations des membres de la branche IT, et nous avons souhaité, à travers cet article, partager nos principales observations.

C'est parti 🤓

Être geek, qu'est-ce que cela signifie?

Le mot "geek" est aujourd'hui employé à la moindre occasion pour décrire quelqu'un ayant un attrait plus ou moins prononcé pour l'informatique. Souvent galvaudé, il nous est apparu intéressant de creuser un peu plus du côté des origines du terme.

Le terme apparaît pour la première fois dans des registres datant du moyen-âge (qui l'eut cru...!). En Écosse, il est utilisé pour désigner un oiseau. Plus tard, et plus généralement en Europe, il désigne un idiot, ce qui explique la connotation légèrement péjorative que le mot continue de trainer avec lui. Au XIXème siècle, c'est encore pire! Le terme est utilisé pour décrire un monstre de foire. C'est en traversant l'Atlantique, que le mot prendra sa forme plus ou moins contemporaine. En effet, dans les années 60, être geek c'est être un peu différent, et difficile à comprendre (nous espérons cependant qu'après la lecture de notre article, ce sera plus facile). L'utilisation du terme sur les campus américains finira de lui donner le sens que nous lui connaissons aujourd'hui: être geek, c'est être passionné de science-fiction, jeux vidéo et hardware informatique.

Bien sûr, l'exercice de définir le terme est particulièrement délicat, car nous savons pertinemment que la culture geek pourrait inspirer un livre entier. D'ailleurs, David Peyron l'a fait, avec Culture Geek:

"D’un côté, il y a la tech, l’informatique et le numérique. De l’autre, le monde fantastique et le fait de créer des mondes. Pour simplifier, le geek serait donc un expert aux connaissances poussées dans un domaine, ou un créateur de mondes. Or, c’est là que l’analyse des jeux vidéos est particulièrement éclairante: en effet, ils ont la particularité de réunir ces deux mondes, l’expertise numérique et la créativité"

David Peyron

Geek, IT, nerd... quels synonymes pour les informaticiens?

"IT", quant à lui, est l'abréviation de Information Technology et rassemble toutes les professions dont l'expertise principale est d'utiliser des ordinateurs ou nouvelles technologies pour créer, partager ou stocker des données. Oui, tout cela est bien vaste. En termes de métiers, les IT sont des software engineers, data scientists, developer ou DevOps... pour n'en citer que quelques uns.

Le terme "IT" désigne donc plutôt un secteur de métiers alors que le terme "geek" une culture à part entière.

Lors de la préparation de notre étude sur les jeunes professionnels suisses romands, nous avons décidé d'analyser les résultats en fonction de plusieurs critères et particulièrement en fonction du secteur d'études. Pour cet article en particulier, nous avons spécifiquement choisi d'analyser les résultats des jeunes professionnels sortis de la filière IT tant ces profils sont plébiscités sur le marché de l'emploi suisse.

Nous avions déjà remarqué que selon les domaines, les jeunes professionnels que nous recevons en entretien aspirent à différentes choses et ont des goûts plutôt marqués. Les résultats du YPAI nous ont permis de confirmer ces ressentis et de mieux les comprendre. Dans une conjoncture actuelle où l'attractivité des IT est fortement valorisée, nous espérons que nos observations vous permettront d'aiguiser votre offre afin d'attirer encore plus de bons profils.

Les 3 leviers d'attractivité majeurs pour les IT.

Nous avons demandé aux jeunes professionnels de Suisse romande quels étaient, parmi 10 critères proposés, ceux qu'il percevaient comme les plus importants lors du choix de leur futur employeur. Les critères les plus mentionnés par l'ensemble des répondants sont l'environnement de travail / les collègues sympathiques (66%), Les possibilités d'évolution / de développement (62%) et Le salaire et les avantages (59%). Plus d'infos sur l'ensemble de ces critères sont disponibles en téléchargeant notre rapport YPAI ou en lisant notre article sur les Millennials.

Pour les IT, le critère le plus mentionné est également l'environnement de travail / les collègues sympathiques et ce à hauteur de 80%. Plus que pour les profils éco ou tech, les profils IT semblent donc beaucoup valoriser la qualité des relations au travail et l'ambiance quotidienne.

« Quand je vais au travail, j’ai envie de me sentir un peu 'à la maison' (…) retrouver des gens que j’aime bien, dans un environnement sympa, et quand c’est le cas, je me sens beaucoup plus motivé, j’ai envie de me dépasser à fond et de me donner. »

David, 29 ans, ingénieur logiciels et développement web.

Le deuxième critère plébiscité par les IT lors de la recherche d'un emploi sont *les possibilités d'évolution / de développement" à hauteur de 65%, proportion plus ou moins similaire à celle concernant l'ensemble des jeunes professionnels, qui avait à 62% choisi de mentionner ce critère.

Là où le troisième facteur, tous secteurs confondus, était le salaire & les avantages (59%), les IT lui ont préféré le challenge et la variété des tâches, à hauteur de 58%. Cela témoigne de l'orientation projet des profils IT: leur satisfaction au travail pourrait être décrite par une bonne équipe, des opportunités d'évolution et des projets intéressants et variés, faisant appel à leur ingéniosité.

Plutôt que de mentionner le salaire et les avantages une fois en poste, intégrer les concepts de projet, diversité et défi dans vos offres d'emploi vous permettra de susciter davantage l'intérêt des profils IT, et ce surtout s'ils occupent un poste dans lequel ils commencent à stagner.

Critères d'attractivité pour les ITs

L'importance de la flexibilité

Parmi les critères cités par les profils IT comme étant importants lors du choix d'un employeur, nous avons fait état des trois principaux ci-dessus, mais il serait dommage d'omettre le quatrième, la flexibilité du travail / des horaires, apparaissant dans 56% des réponses de cette branche (contre 44% pour les profils éco et 42% pour les profils tech). Les IT, plus que les autres jeunes professionnels, favorisent beaucoup plus la flexibilité et s'attendent à ce que leurs employeurs fassent de même.

Comme la plupart des professions de cette branche peuvent se faire en "full-remote" (comprendre hors du bureau, en télétravail complet), de nombreuses entreprises suisses l'ont compris et permettent à leurs employés de travailler quelques jours en dehors du bureau. Il en va de même avec la dématérialisation des données: notre bureau, dorénavant, c'est notre ordi, notre tablette, voire parfois, notre téléphone. Certaines entreprises ne s'encombrent plus avec des espaces dédiés et permettent à leurs collaborateurs de s'installer où ils le souhaitent dans l'espace de travail. Cette pratique s'appelle le flex-office et nous en parlons plus précisément dans cet article.

Enfin, la flexibilité s'exprime également au niveau du style vestimentaire pour cette branche socio-professionnelle, qu'il serait difficile de contraindre au traditionnel costume cravate. Considérer ces codes et ce goût pour la flexibilité vous permettront, si vous n'avez pas l'habitude de recruter des profils IT, de comprendre les leviers qui actionnent leur quotidien en entreprise, pour à terme, mieux les engager dans leur travail.

Pour résumer, notre enquête YPAI nous a permis d'observer que les profils IT privilégient:

Jeunes professionnels dans le secteur IT

Le leadership, on en parle chez les IT?

À la question "Si l'opportunité se présentait, seriez-vous intéressé de devenir manager dans le futur?", les profils IT se démarquent par la faible proportion ayant répondu "Oui, tout à fait" (26%), et la forte proportion de "Non, probablement pas" (12%) ou de "Non, pas du tout" (5%).

L'optique de devenir manager n'est pas une fin en soi pour un profil IT, et il semblerait que les opportunités d'évoluer en tant que spécialiste soient autant valorisées qu'une montée en leadership. Ces préférences varient clairement en fonction des branches, car chez les profils éco et tech, ils sont respectivement 89% et 81% à se projeter manager dans le futur. Ce décalage pourrait s'expliquer par la forte affinité des IT avec la montée en compétences et leur goût pour la diversité des tâches, plutôt que l'accompagnement de projets/personnes.

En conséquence, les profils mêlant une bonne expertise technique à des compétences managériales sont particulièrement recherchés et précieux, et se voient offrir de nombreux avantages et possibilités d'évolution.

Développement et motivation

La possibilité de suivre des formations (35%) et de recevoir de nouvelles responsabilités dans le rôle existant (29%) sont les deux facteurs de développement les plus valorisés par les profils IT. Ces préférences sont vraisemblablement liés à l'évolution rapide des compétences et challenges liés à l'IT en général, et le besoin en conséquence de régulièrement se remettre à niveau. Les plus grandes sociétés IT de Suisse romande l'ont compris en mettant à disposition des logiciels et équipements récents et en proposant des formations continues pour mettre à niveau les compétences de leurs équipes.

Comme nous avons pu le voir ci-dessus, les possibilités de devenir manager ne sont pas spécialement mises en avant dans les projets des profils IT, ce qui laisse penser que les nouvelles responsabilités évoquées font référence à de nouveaux projets et non des personnes à manager.

Aytekin Tank, CEO de Jot Form, partage régulièrement ses pratiques managériales sur Medium et écrivait à propos de l'efficience de ses équipes, qu'il avait réintroduit les bureaux dans son monde d'open space. L'objectif? Permettre à ses collaborateurs (principalement IT) de pouvoir se retrouver ensemble et discuter tranquillement des projets à mener. Dans notre étude, nous avons en effet remarqué que l'échange de connaissances entre collègues occupait la troisième place des facteurs de motivation pour les ITs.

En ce qui concerne la motivation, les profils IT se démarquent nettement des profils éco (13 points de différence) et tech (9 points de différence) en choisissant le critère donner du sens à mon travail en majorité (41%).

Pour les entreprises, cela signifie que l'attraction puis l'engagement des IT passeront très probablement par une offre de formations et une valorisation des projets afin de permettre leur développement en entreprise, et une volonté de communiquer autour du "pourquoi". Cela leur permettra de saisir le sens de leur mission à vos côtés et donc, de s'impliquer davantage.

Impliquer les IT en communiquant autour du pourquoi

Conclusion

La catégorisation des jeunes professionnels sous le terme "Millennial" a tendance à gommer les différences qui existent entre un étudiant et un jeune pro déjà en poste, ou entre un profil IT, éco, ou ingénieur.

Les résultats de notre étude YPAI nous ont permis de confirmer que selon le secteur, les aspirations, les goûts et les pratiques étaient différents.

Pour résumer, l'attractivité et l'engagement d'un profil IT sera favorisé en:

Avec ces éléments, nous espérons que vous aurez toutes les cartes en main pour embaucher de futurs talents et enrichir vos équipes. Bon recrutement!

Télécharger votre copie du rapport ici
Partager l'article